Comprendre le droit au chômage en 5 minutes

Pour bénéficier des allocations de chômage en Belgique, il faut remplir plusieurs conditions liées notamment à l’admission, à la situation du demandeur et à sa disponibilité sur le marché de l’emploi. Depuis le 1er mars 2026, les règles ont été profondément modifiées : les nouvelles admissions reposent notamment sur 312 jours de travail et/ou assimilés sur 36 mois et les allocations sont, pour les personnes soumises au nouveau régime, limitées dans le temps. Pour connaître les règles applicables à votre situation, renseignez-vous auprès de l’ONEM. Un avocat en droit du travail peut également vous accompagner dans vos démarches.

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Les conditions pour bénéficier du chômage

L’Office national de l’emploi (ONEM) est notamment chargé de déterminer si les conditions d’admission et d’octroi des allocations sont remplies.

Le demandeur doit notamment :

  • avoir sa résidence principale et résider effectivement en Belgique, sous réserve des exceptions prévues par la réglementation ;
  • être privé de travail et de rémunération pour des circonstances indépendantes de sa volonté ;
  • être apte au travail ;
  • être inscrit comme demandeur d’emploi auprès du service régional compétent ;
  • être disponible sur le marché de l’emploi ;
  • respecter les obligations liées à la recherche d’emploi et à l’accompagnement ;
  • être disposé à accepter un emploi ou une formation professionnelle convenable ;
  • respecter les règles applicables à la déclaration et à l’exercice d’une activité pendant le chômage.
À noter :
L’âge légal de la pension dépend de la date de naissance. Il est actuellement fixé à 65 ans pour les personnes nées avant le 1er janvier 1960, à 66 ans pour celles nées entre le 1er janvier 1960 et le 31 décembre 1963 inclus, et à 67 ans pour celles nées après le 31 décembre 1963.
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Combien de temps faut-il travailler pour avoir droit au chômage ?

Pour les demandes relevant de la nouvelle réglementation applicable depuis le 1er mars 2026, le demandeur doit en principe justifier :

  • de 312 jours de travail salarié et/ou jours assimilés ;
  • au cours d’une période de référence de 36 mois précédant immédiatement la demande ;
  • quel que soit son âge.

La période de référence peut être prolongée dans certaines situations prévues par la réglementation. Les jours utilisés pour une précédente admission ne peuvent pas être pris en compte une nouvelle fois.

Bon à savoir :

Les personnes qui bénéficiaient déjà d’allocations avant le 1er mars 2026 peuvent relever de mesures transitoires. Les conditions doivent donc être vérifiées en fonction de la date de la demande et de la situation du demandeur.

Les allocations d’insertion

Un jeune qui termine ses études peut, sous certaines conditions, bénéficier d’allocations d’insertion.

Pour une première demande à partir du 1er mars 2026, il doit notamment :

  • ne pas avoir atteint l’âge de 25 ans, sauf dérogation ;
  • ne pas avoir déjà été admis au bénéfice des allocations de chômage ;
  • être titulaire du diplôme, certificat ou de l’attestation requis ;
  • avoir terminé les activités liées à ses études ou à sa formation ;
  • accomplir un stage d’insertion professionnelle de 156 jours, hors dimanches, soit environ six mois ;
  • rechercher activement un emploi ;
  • obtenir deux évaluations positives de son comportement de recherche d’emploi.

Le droit aux allocations d’insertion est accordé pour 12 mois. Cette période peut être prolongée dans certaines situations prévues par la réglementation.

À retenir :

Les allocations d’insertion ne doivent pas être confondues avec les allocations de chômage accordées après une période de travail. Depuis le 1er mars 2026, leurs conditions d’accès et leur durée sont également encadrées par de nouvelles règles.

Peut-on cumuler une activité avec des allocations de chômage ?

La terminologie de « prime d’activité » ne correspond pas à un dispositif belge d’allocations de chômage. En Belgique, certaines activités peuvent toutefois être exercées pendant une période de chômage, sous réserve de respecter les conditions prévues par l’ONEM.

Selon la situation :

  • une activité exercée pendant le chômage doit généralement être déclarée ;
  • certaines activités ne sont pas cumulables avec les allocations pour les jours concernés ;
  • une activité indépendante complémentaire peut, sous certaines conditions, être exercée tout en conservant les allocations ;
  • le dispositif Tremplin-indépendants permet, sous conditions, de conserver les allocations pendant l’exercice d’une activité indépendante complémentaire pendant une période maximale de 12 mois ;
  • les revenus d’une activité autorisée peuvent entraîner une réduction du montant des allocations lorsque les conditions prévues sont remplies.
Bon à savoir :

Les règles de cumul varient selon la nature de l’activité, son caractère accessoire ou principal et les formalités accomplies auprès de l’ONEM. Il est donc préférable de vérifier la situation avant de commencer une activité.

Droit au chômage après démission

Une démission constitue en principe un abandon d’emploi au sens de la réglementation du chômage. Lorsqu’elle intervient sans motif légitime, elle peut entraîner un avertissement ou une exclusion des allocations pendant 4 à 52 semaines.

Certaines situations permettent toutefois d’éviter une exclusion, sous conditions. C’est notamment le cas lorsque le travailleur quitte son emploi :

  • pour éduquer son enfant pendant au moins 6 mois avant de demander les allocations et prouve que son ancien employeur n’est pas disposé à le réoccuper ;
  • pour exercer une activité indépendante pendant au moins 6 mois avant de demander les allocations et apporte la même preuve ;
  • puis travaille pendant au moins 13 semaines avant d’introduire sa demande d’allocations.
À savoir :

Depuis le 1er mars 2026, le droit au rebond permet, sous certaines conditions, de remplacer une exclusion à durée déterminée consécutive à un abandon d’emploi par un droit temporaire aux allocations.

Le travailleur doit notamment :

  • avoir abandonné son emploi après le 28 février 2026 ;
  • faire l’objet d’une exclusion à durée déterminée ;
  • justifier d’au moins 3 120 jours de travail ou jours assimilés au moment de l’abandon d’emploi ;
  • ne jamais avoir bénéficié auparavant du droit au rebond.

Le droit au rebond est accordé pour une période initiale de 6 mois maximum, sous réserve des autres conditions applicables. Cette période peut être prolongée une seule fois de 6 mois maximum si le bénéficiaire réussit une formation préparant à un métier en pénurie qu’il a commencée pendant les trois premiers mois du droit au rebond.

Licenciement et chômage

Un licenciement peut permettre de bénéficier des allocations de chômage si les conditions d’admission et d’octroi sont remplies.

Toutefois, certaines situations peuvent entraîner une sanction, notamment lorsqu’un travailleur a provoqué son licenciement ou a adopté un comportement susceptible d’être considéré comme un abandon d’emploi ou une faute au regard de la réglementation du chômage.

À noter :

Le régime ordinaire du chômage temporaire est distinct du chômage complet. Les règles applicables au chômage temporaire doivent donc être examinées séparément selon le motif et la situation du travailleur.

Calcul du droit au chômage

Le montant de l’allocation dépend notamment :

  • de la situation familiale ;
  • du dernier salaire pris en compte par l’ONEM ;
  • de la période d’indemnisation concernée.

Pendant la première période d’indemnisation :

  • durant les trois premiers mois, l’allocation correspond en principe à 65 % du dernier salaire pris en compte, dans la limite du plafond applicable ;
  • du quatrième au sixième mois, elle correspond à 60 % du dernier salaire, dans la limite du plafond applicable ;
  • du septième au douzième mois, elle reste fixée à 60 % du dernier salaire, avec un plafond différent.

Lorsqu’une deuxième période d’indemnisation est applicable, une allocation forfaitaire est versée. Son montant dépend notamment de la situation familiale et non plus directement du dernier salaire.

En pratique :

Les plafonds salariaux et les montants des allocations sont susceptibles d’être indexés. Il convient donc de consulter les barèmes ONEM en vigueur au moment du calcul plutôt que de se fier à des montants anciens.

Durée du chômage

Pour les personnes soumises au nouveau régime, applicable aux nouvelles admissions à partir du 1er mars 2026, le droit aux allocations de chômage complet est en principe limité dans le temps.

Le droit comprend :

  • une première période de 12 mois ;
  • une prolongation possible en fonction du passé professionnel, à raison d’un mois supplémentaire par tranche de 104 jours, dans la limite de 12 mois supplémentaires.

La durée peut ainsi atteindre, en principe, 24 mois.

Certaines catégories de travailleurs ne sont toutefois pas soumises à cette limitation dans les mêmes conditions. Des mesures transitoires peuvent également s’appliquer aux personnes qui bénéficiaient déjà d’allocations avant le 1er mars 2026.

Point de vigilance :

Les règles transitoires ont récemment fait l’objet d’une décision de la Cour constitutionnelle. Pour une situation relevant d’un ancien droit ou d’une mesure transitoire, il est donc préférable de vérifier les règles applicables auprès de l’ONEM.

Une personne qui demande des allocations doit remplir les conditions d’admission et d’octroi prévues par la réglementation. Depuis le 1er mars 2026, leur durée est en principe limitée dans le temps selon les règles applicables à sa situation.

Comment un avocat peut-il intervenir en matière de chômage ?

L’intervention d’un avocat n’est pas obligatoire pour demander des allocations de chômage. Elle peut toutefois être utile lorsque la situation présente une difficulté juridique ou lorsqu’une décision de l’ONEM affecte le droit aux allocations.

Un avocat en droit du travail peut notamment :

  • analyser la situation : vérifier les conditions d’admission et d’octroi applicables au demandeur ;
  • évaluer les conséquences d’une démission : examiner le risque de sanction et les éventuelles possibilités prévues par la réglementation ;
  • examiner un licenciement : déterminer ses conséquences sur le droit aux allocations ;
  • vérifier une décision de l’ONEM : analyser une exclusion, une sanction ou une demande de récupération d’allocations ;
  • informer sur les recours : expliquer les démarches qui peuvent être envisagées lorsqu’une décision est contestée ;
  • accompagner le demandeur : l’aider à préparer les justificatifs et les démarches utiles lorsque la situation est complexe.

FAQ

Combien de jours faut-il avoir travaillé pour avoir droit au chômage en Belgique ?

Pour les demandes relevant du nouveau régime depuis le 1er mars 2026, il faut en principe justifier 312 jours de travail salarié et/ou jours assimilés sur une période de référence de 36 mois, quel que soit l’âge.

Combien de temps peut-on toucher le chômage en Belgique ?

Pour les personnes soumises au nouveau régime, le droit comprend une première période de 12 mois, pouvant être prolongée selon le passé professionnel jusqu’à 12 mois supplémentaires. La durée peut donc atteindre, en principe, 24 mois. Certaines catégories et mesures transitoires obéissent toutefois à des règles particulières.

Peut-on toucher le chômage après une démission ?

Oui, dans certaines situations. Une démission est toutefois considérée en principe comme un abandon d’emploi et peut entraîner un avertissement ou une exclusion de 4 à 52 semaines lorsqu’aucun motif légitime n’est reconnu.

Depuis le 1er mars 2026, le droit au rebond peut, sous certaines conditions, remplacer une exclusion à durée déterminée par un droit temporaire aux allocations.

Peut-on travailler tout en percevant des allocations de chômage ?

Certaines activités peuvent être cumulées avec les allocations sous conditions. Une activité doit généralement être déclarée et les règles varient notamment selon qu’il s’agit d’une activité salariée, indépendante ou accessoire.

Les allocations d’insertion sont-elles limitées dans le temps ?

Oui. Pour les premières demandes relevant du nouveau régime, les allocations d’insertion sont accordées pendant 12 mois, avec certaines possibilités de prolongation.

Depuis le 1er mars 2026, les conditions d’accès, le calcul et la durée des allocations de chômage ont profondément évolué en Belgique. Les règles applicables dépendent notamment de la date de la demande, du passé professionnel et de la situation du bénéficiaire.

Il est donc important de vérifier les informations les plus récentes auprès de l’ONEM avant d’introduire une demande ou de prendre une décision susceptible d’avoir une incidence sur le droit aux allocations.

POINTS CLÉS À RETENIR

  • Depuis le 1er mars 2026, les nouvelles admissions au chômage complet reposent notamment sur 312 jours de travail et/ou assimilés sur 36 mois, quel que soit l’âge.
  • L’âge de référence n’est plus « moins de 65 ans » : il faut tenir compte de l’âge légal de la pension applicable à la situation.
  • Les allocations d’insertion supposent notamment un stage de 156 jours hors dimanches, deux évaluations positives et, pour une première demande, de ne pas avoir atteint 25 ans, sauf dérogation.
  • Les allocations d’insertion sont accordées pendant 12 mois, avec certaines possibilités de prolongation.
  • Une démission sans motif légitime peut entraîner une exclusion de 4 à 52 semaines.
  • Depuis le 1er mars 2026, le droit au rebond peut, sous conditions, remplacer une exclusion à durée déterminée par un droit aux allocations pendant 6 mois maximum, avec une possibilité de prolongation unique de 6 mois maximum dans les conditions prévues par l’ONEM.
  • Pour les personnes soumises au nouveau régime, les allocations de chômage complet sont en principe limitées dans le temps et peuvent atteindre 24 mois.
  • Les plafonds et montants des allocations étant susceptibles d’être indexés, il convient de consulter les barèmes ONEM à jour.

Historique de l’article

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30/09/2026 - Mise à jour par l'équipe Justifit
10/08/2022 - Création de l’article par l'équipe Justifit
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