Peut-on contester une mise en disponibilité pour maladie ?

L’équipe Justifit Avocat

Un fonctionnaire en Belgique peut être mis en disponibilité pour maladie après une longue période d’incapacité, lorsqu’il a épuisé ses droits aux congés de maladie. Cette position suspend ses fonctions et entraîne une perte de salaire, avec le versement d’un traitement d’attente réduit, pouvant descendre jusqu’à environ 60 % de la rémunération. Cette décision peut être contestée, notamment en cas d’irrégularité médicale ou administrative, devant le Conseil d’État ou les juridictions du travail. Des règles spécifiques s’appliquent selon le statut de l’agent. En cas de difficulté, un avocat en droit du travail peut vous aider à défendre vos droits.

Peut-on contester une mise en disponibilité pour maladie

La position des fonctionnaires

En Belgique, Les fonctionnaires sont en principe en « position de service ». Ils peuvent toutefois être en inactivité ou mis en disponibilité, pour certains motifs : c’est le cas qui nous occupe.

C’est quoi la disponibilité pour maladie ?

En Belgique, la mise en disponibilité pour maladie concerne principalement les fonctionnaires statutaires et les agents en stage. Elle intervient lorsque l’agent ne peut plus travailler après une longue maladie et qu’il a épuisé tous ses congés de maladie. Concrètement, il est temporairement écarté du service, car son état de santé ne lui permet plus d’exercer ses fonctions. Cette mise en disponibilité ne dépend pas d’un choix de l’administration : elle intervient automatiquement (de plein droit) dès que le capital de congés est épuisé. Les règles peuvent toutefois varier selon l’employeur public (État, région, enseignement).

À noter :

Le capital de congés de maladie correspond au nombre total de jours d’absence pour maladie dont dispose un fonctionnaire en fonction de son ancienneté.

En Belgique, il est généralement calculé à raison de 21 jours ouvrables par année de service. Ces jours s’accumulent au fil de la carrière et peuvent être utilisés en cas d’arrêt de travail.

Quel droit en disponibilité ?

La mise en disponibilité pour maladie a une conséquence directe : une baisse du salaire. L’agent ne perçoit plus sa rémunération normale, mais un traitement d’attente, en principe limité à 60 % du salaire brut. Cette perte peut être importante, surtout après une longue période d’absence. Dans certains cas, notamment en cas de maladie grave et de longue durée, le salaire peut être maintenu à 100 %, si, après un examen médical, Medex estime que l’agent ne peut pas encore reprendre le travail. Pendant toute cette période, l’agent reste soumis à un contrôle médical régulier.

Bon à savoir :
La mise en disponibilité pour maladie est obligatoire dès que les congés de maladie sont épuisés. L’administration ne peut pas décider de maintenir l’agent en congé : la bascule vers la disponibilité est automatique.

L’admission à la pension de retraite d’office

Si l’état de santé ne s’améliore pas, la situation peut évoluer vers une étape plus lourde : la mise à la pension pour inaptitude physique. Après évaluation, Medex peut considérer que l’agent n’est plus en mesure de reprendre ses fonctions de manière durable. Dans ce cas, une retraite anticipée pour raisons de santé peut être envisagée. Cette procédure est distincte de la mise en disponibilité et dépend notamment de la gravité de la maladie, de la carrière de l’agent et de son statut. Un recours reste possible en cas de désaccord avec cette décision.

Le constat de mise en disponibilité : acte administratif attaquable

La mise en disponibilité pour maladie n’est pas une simple formalité administrative : c’est un acte administratif individuel qui peut être contesté. Même si l’administration agit en principe dans le cadre d’une compétence liée (elle doit placer l’agent en disponibilité lorsque les congés de maladie sont épuisés), elle reste tenue de respecter strictement les règles de légalité.

En pratique, le Conseil d’État est compétent pour contrôler cette décision. Il vérifie notamment si la mise en disponibilité a été prise dans un délai raisonnable, si elle n’est pas rétroactive de manière excessive, et si elle émane bien de l’autorité compétente. Par exemple, une décision adoptée plusieurs mois après l’épuisement des congés de maladie ne peut pas toujours produire ses effets rétroactivement, ce qui peut rendre illégale une partie de la réduction de salaire appliquée.

Important :
Lorsque la loi prévoit que la décision doit être prise par une autorité précise (par exemple un ministre dans certains secteurs comme l’enseignement), cette compétence ne peut pas être exercée librement par un autre agent. Une décision signée sans respecter cette règle peut être annulée.

Les juridictions du travail peuvent également intervenir. Elles peuvent écarter une décision illégale et en tirer les conséquences concrètes, notamment en ordonnant la récupération de salaires indûment réduits.

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Comment contester une mise en disponibilité pour maladie ?

En Belgique, la mise en disponibilité pour maladie peut être contestée, même si elle intervient en principe automatiquement après épuisement des congés de maladie. La voie de recours dépend de la nature du litige : administratif, financier ou médical.

1. Contester la légalité de la décision (Conseil d’État)

Lorsque la décision est irrégulière, il est possible d’introduire un recours devant le Conseil d’État.

Cela peut être le cas si la décision :

  • a été décidée plusieurs mois après l’épuisement de vos congés de maladie, avec un effet rétroactif qui réduit votre salaire sur une période passée ;
  • n’a pas été prise par la bonne autorité (par exemple si la décision devait être signée par un ministre ou un responsable précis, mais a été prise par un autre agent) ;
  • a été adoptée sans respecter la procédure, notamment si vous n’avez pas été correctement informé ou si certaines étapes obligatoires n’ont pas été suivies.

Le recours doit être introduit dans un délai de 60 jours à compter de la notification de la décision contestée. L’objectif est d’obtenir l’annulation de la mise en disponibilité.

2. Contester les conséquences financières (tribunal du travail)

Si le litige porte sur votre salaire, notamment le montant du traitement d’attente ou les retenues effectuées, vous pouvez saisir le tribunal du travail.

Ce recours permet de faire valoir vos droits en cas d’erreur dans le calcul de votre rémunération ou d’application incorrecte du taux de 60 %. Le juge peut alors écarter une décision illégale et ordonner le remboursement des sommes indûment retenues.

3. Contester l’évaluation médicale (Medex)

Lorsque la mise en disponibilité pour maladie repose sur une appréciation médicale contestable, il est possible de contester l’avis de Medex. C’est notamment le cas si l’agent estime que son incapacité de travail a été mal évaluée, par exemple lorsque son état de santé justifiait encore un congé de maladie plutôt qu’un passage en disponibilité. Un recours peut également être envisagé si la gravité de la maladie n’a pas été correctement reconnue, ce qui peut avoir un impact direct sur le maintien du salaire. Plus généralement, toute évaluation médicale ayant conduit à la mise en disponibilité peut être remise en cause si elle apparaît inexacte ou incomplète.

À l’issue de l’examen, l’agent reçoit une notification précisant les motifs de la décision ainsi que les modalités de recours. Il dispose alors d’un délai de 30 jours calendaires pour introduire un recours devant la chambre compétente.

Il peut également demander un nouvel examen médical, notamment en sollicitant l’intervention d’un médecin-arbitre.

Cas pratique :

Sophie, 46 ans, est assistante administrative au sein d’une administration régionale en Belgique. Elle justifie de 10 ans d’ancienneté, ce qui lui ouvre un droit à 210 jours ouvrables de congés de maladie. Avant son arrêt en septembre 2025, elle avait déjà utilisé une partie de ce capital lors de précédents problèmes de santé.

En septembre 2024, elle est de nouveau arrêtée pour un burn-out sévère avec troubles anxieux, diagnostiqué par son médecin traitant et confirmé par un psychiatre. Après plusieurs mois d’absence, elle épuise le solde de ses congés de maladie en mars 2026.

À la suite d’un contrôle, Medex considère que son état ne justifie plus un congé de maladie et valide son passage en disponibilité pour maladie, entraînant une baisse de son salaire à 60 %. Son psychiatre conteste cette évaluation et estime qu’une reprise est prématurée.

Sophie introduit un recours dans le délai de 30 jours et demande un nouvel examen médical. Après réévaluation, Medex reconnaît le caractère grave et prolongé de son état de santé. Sa mise en disponibilité est remise en cause, et elle bénéficie finalement du maintien de son salaire à 100 % sur la période concernée, avec une régularisation des montants retenus.

Comment un avocat peut-il vous aider à contester une mise en disponibilité pour maladie ?

Contester une mise en disponibilité pour maladie peut être complexe, car cela implique à la fois des règles de droit administratif, de droit social et une analyse médicale. Un avocat peut intervenir à chaque étape pour sécuriser votre démarche.

  • Vérifier la légalité de la décision

L’avocat analyse la décision de mise en disponibilité pour détecter d’éventuelles irrégularités :
date d’effet incorrecte, décision prise par une autorité incompétente ou non-respect de la procédure. Il peut ensuite engager un recours devant le Conseil d’État pour obtenir son annulation.

  • Contester les conséquences sur votre salaire

Si votre rémunération a été réduite à tort ou mal calculée, l’avocat peut saisir le tribunal du travail afin de faire reconnaître vos droits et obtenir la récupération des sommes indûment retenues.

  • Remettre en cause l’évaluation médicale

En cas de désaccord avec l’avis de Medex, l’avocat vous accompagne pour contester l’évaluation médicale, constituer un dossier solide (certificats, expertises) et introduire un recours dans les délais. Il peut également vous conseiller sur l’opportunité de demander un nouvel examen ou l’intervention d’un médecin-arbitre.

La mise en disponibilité pour maladie n’est pas une situation définitive et peut être contestée si elle repose sur une erreur administrative ou médicale. Face aux enjeux importants, notamment sur votre salaire et votre avenir professionnel, il est essentiel d’agir rapidement et de se faire accompagner par un avocat pour défendre efficacement vos droits.

FAQ

Peut-on refuser une mise en disponibilité pour maladie ?

Non. La mise en disponibilité intervient automatiquement lorsque les congés de maladie sont épuisés. En revanche, vous pouvez la contester si elle est irrégulière ou injustifiée.

La mise en disponibilité a-t-elle un impact sur ma carrière ?

Oui. Elle peut ralentir votre évolution professionnelle (avancement, promotion) et influencer le calcul de votre pension selon la durée de la période.

Puis-je exercer une autre activité pendant la disponibilité ?

En principe, cela dépend de votre statut et de l’autorisation de votre administration. Une activité non autorisée peut entraîner des sanctions.

Que se passe-t-il si mon état de santé s’améliore ?

Vous pouvez être réintégré dans vos fonctions après un nouvel examen médical validant votre capacité à reprendre le travail.

Est-ce que la mise en disponibilité est limitée dans le temps ?

Elle peut durer tant que votre état de santé ne permet pas une reprise, mais une évaluation régulière est effectuée et peut déboucher sur une reprise ou une mise à la pension pour inaptitude.

POINTS CLÉS À RETENIR

  • La mise en disponibilité pour maladie intervient automatiquement lorsque les congés de maladie sont épuisés et entraîne une suspension des fonctions avec une baisse du salaire.
  • Le traitement d’attente est en principe limité à 60 % du salaire brut, sauf en cas de maladie grave reconnue où il peut être maintenu à 100 %.
  • Cette décision est un acte administratif contestable, notamment en cas d’erreur de procédure, de retard ou d’incompétence de l’auteur.
  • Plusieurs recours sont possibles selon la situation : Conseil d’État (légalité), tribunal du travail (salaire) ou Medex (évaluation médicale).
  • Les délais sont stricts : 60 jours pour contester la décision administrative et 30 jours pour contester l’avis médical.
  • Une contestation peut permettre d’annuler la décision ou de récupérer des salaires indûment retenus.
  • L’accompagnement par un avocat est fortement recommandé pour sécuriser la procédure et maximiser les chances de succès.

Historique de l’article

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21/04/2026 - Mise à jour par L’équipe Justifit
12/05/2025 - Revue légale par Maître Valérie HENDRIKX
18/05/2022 - Mise à jour par L’équipe Justifit
18/05/2022 - Création de l’article par L’équipe Justifit
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