Chômage après démission en Belgique : ce qu’il faut savoir

En Belgique, démissionner n’empêche pas automatiquement de bénéficier d’allocations de chômage. Toutefois, la démission est en principe considérée comme un abandon d’emploi et peut entraîner une sanction si elle intervient sans motif légitime. Depuis le 1er mars 2026, les nouvelles admissions sont aussi soumises à des règles d’accès et de durée différentes. Si vous envisagez une démission sans préavis, vérifiez d’abord ses conséquences sur vos droits. En cas de doute sur votre situation, un avocat en droit du travail peut vous conseiller avant ou après votre départ et vous aider à préparer vos démarches.

Gros plan sur une femme surlignant en jaune des annonces d'emploi dans un journal

Peut-on toucher le chômage après une démission en Belgique ?

Oui, mais une démission ne donne pas automatiquement droit aux allocations de chômage.
Pour l’ONEM, il y a notamment abandon d’emploi lorsque :

  • vous donnez vous-même votre démission ;
  • vous vous absentez du travail sans motif ;
  • vous mettez fin au contrat de commun accord avec votre employeur.

Une rupture conventionnelle est donc, en principe, considérée comme un abandon d’emploi. En revanche, lorsque la fin du contrat résulte en réalité de l’initiative de l’employeur, il ne s’agit pas d’un abandon d’emploi au sens de cette réglementation.

L’existence d’un motif légitime est essentielle. La réglementation n’en donne pas de définition générale. L’ONEM apprécie notamment la situation au regard des circonstances concrètes et du caractère convenable de l’emploi.

Bon à savoir :
Avant de démissionner, vous pouvez demander un ruling à l’ONEM afin de connaître à l’avance la décision qu’il prendrait sur la base de la situation concrète que vous lui décrivez. Sous réserve que les faits se déroulent comme annoncé et que la réglementation ne change pas entre-temps, la réponse écrite préalable lie l’ONEM.
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Quelles conditions faut-il remplir pour avoir droit au chômage après une démission ?

Depuis le 1er mars 2026, les personnes relevant de la nouvelle réglementation doivent notamment remplir une condition de travail préalable.

Il faut en principe prouver :

  • 312 jours de travail salarié et/ou jours assimilés ;
  • au cours d’une période de référence de 36 mois précédant la demande ;
  • quel que soit l’âge.

La période de référence peut être prolongée dans certaines situations. Les jours situés avant une précédente admission aux allocations ne peuvent toutefois pas être utilisés une seconde fois pour ouvrir un nouveau droit.

La condition des 312 jours ne suffit pas à elle seule. Vous devez également remplir les conditions d’octroi des allocations, notamment être privé de travail et de rémunération pour des circonstances indépendantes de votre volonté.

Vous devez aussi, sauf exception ou dispense applicable :

  • avoir votre résidence principale et résider effectivement en Belgique ;
  • être apte au travail ;
  • être inscrit comme demandeur d’emploi auprès d’Actiris, de l’ADG, du Forem ou du VDAB, selon votre lieu de résidence ;
  • rester disponible sur le marché de l’emploi ;
  • respecter les obligations de recherche d’emploi et d’accompagnement ;
  • utiliser la carte de contrôle lorsqu’elle est requise ;
  • respecter les règles de déclaration et de cumul si vous exercez une activité pendant votre chômage.
À noter :
Une activité professionnelle, indépendante ou accessoire peut avoir une incidence sur vos allocations. Les conditions diffèrent selon la nature de l’activité et le moment où elle a commencé. Il est donc préférable de vérifier les formalités applicables auprès de votre organisme de paiement.

Pendant combien de temps peut-on toucher le chômage après une démission ?

Pour les personnes relevant de la nouvelle réglementation applicable depuis le 1er mars 2026, le droit aux allocations de chômage complet est en principe limité à 24 mois maximum.

Il comprend :

  • une première période d’indemnisation de 12 mois ;
  • une deuxième période pouvant ajouter jusqu’à 12 mois, selon le passé professionnel. Celui-ci est calculé en divisant le nombre de jours de travail et assimilés pris en compte par 104, selon les règles d’arrondi prévues par l’ONEM.

Comment le montant évolue-t-il pendant la première période ?

La première période est divisée en trois phases :

  • pendant les 3 premiers mois : 65 % du dernier salaire, dans la limite du plafond salarial supérieur ;
  • du 4e au 6e mois : 60 % du dernier salaire, dans la limite du plafond salarial moyen ;
  • du 7e au 12e mois : 60 % du dernier salaire, dans la limite du plafond salarial inférieur.

Si votre droit se poursuit au-delà de 12 mois, vous percevez pendant la deuxième période une allocation forfaitaire. Son montant dépend de votre situation familiale et non plus directement de votre dernier salaire.

Pour certains cohabitants, ce forfait peut être augmenté lorsqu’un passé professionnel suffisant est prouvé. En 2026, le seuil applicable est de 31 ans. Il augmente ensuite progressivement pour atteindre 35 ans en 2030.

À noter :
La limitation dans le temps ne s’applique pas de la même manière à toutes les situations. Certaines catégories bénéficient de règles particulières, notamment certains travailleurs âgés d’au moins 55 ans qui justifient du passé professionnel requis.
Les personnes qui bénéficiaient déjà d’allocations avant le 1er mars 2026 peuvent par ailleurs relever de mesures transitoires distinctes. Par son arrêt n° 96/2026 du 10 septembre 2026, la Cour constitutionnelle a annulé une partie de ce régime transitoire concernant certains bénéficiaires auxquels il ne restait que 9, 8 ou 6 mois d’allocations, alors que le nouveau régime prévoit en principe une durée minimale de 12 mois. L’ONEM indique que les conséquences pratiques de cet arrêt sont encore en cours d’analyse.

Que risque-t-on en cas de démission sans motif légitime ?

Si l’ONEM considère que vous avez abandonné votre emploi sans motif légitime, plusieurs sanctions sont possibles.

Vous pouvez :

  • recevoir un avertissement ;
  • être exclu du bénéfice des allocations pendant 4 à 52 semaines ;
  • bénéficier, dans certaines situations, d’un sursis portant sur tout ou partie de cette exclusion.

Une exclusion pour une durée indéterminée peut notamment être prononcée :

  • si vous abandonnez votre emploi dans l’intention délibérée de demander des allocations et de rester au chômage ;
  • en cas de récidive dans les conditions prévues par la réglementation.

Dans certaines situations et sous certaines conditions, aucune exclusion n’est appliquée, notamment lorsque vous :

  • quittez votre emploi pour éduquer votre enfant pendant au moins 6 mois avant la demande et prouvez que votre ancien employeur n’est pas disposé à vous occuper à nouveau ;
  • quittez votre emploi pour exercer une activité indépendante pendant au moins 6 mois et apportez la même preuve ;
  • reprenez ensuite un travail pendant au moins 13 semaines avant de demander les allocations.
À noter :
Quitter un emploi pour en commencer un autre ne garantit pas une indemnisation immédiate si ce nouvel emploi prend fin rapidement. L’ONEM prévoit également des règles particulières dans cette situation.

Qu’est-ce que le droit au rebond après une démission ?

Depuis le 1er mars 2026, certains travailleurs sanctionnés après un abandon d’emploi peuvent demander le droit au rebond.

Ce dispositif permet de remplacer une exclusion à durée déterminée par un droit aux allocations limité à 6 mois maximum, sans pouvoir dépasser la durée du droit aux allocations auquel vous auriez normalement pu prétendre.

Pour en bénéficier, vous devez notamment :

  • avoir abandonné votre emploi après le 28 février 2026 ;
  • avoir reçu une exclusion à durée déterminée ;
  • justifier d’au moins 3 120 jours de travail ou jours assimilés, soit environ 10 années de passé professionnel au moment de l’abandon d’emploi ;
  • ne jamais avoir bénéficié auparavant du droit au rebond.

Le dispositif ne peut notamment pas être utilisé lorsqu’une exclusion de durée indéterminée a été prononcée à la suite d’un abandon d’emploi dans le but de demander des allocations et de rester au chômage ou dans une situation de récidive.

Comment demander le droit au rebond ?

Vous devez utiliser le formulaire C109-Rebond et le remettre à votre organisme de paiement.

Le formulaire doit parvenir au bureau du chômage de l’ONEM dans les 30 jours à compter du jour suivant la notification de la décision administrative d’exclusion.

La demande est irrévocable : une fois le droit au rebond demandé, vous ne pouvez plus choisir de revenir à l’exclusion à durée déterminée initialement prononcée.

Bon à savoir :
Le droit au rebond peut être prolongé une seule fois pour une durée maximale de 6 mois si vous commencez, au cours des trois premiers mois de votre période de rebond, une formation préparant à un métier en pénurie et que vous la terminez avec succès.

Comment un avocat peut-il intervenir après une démission ?

Un avocat en droit du travail peut intervenir avant ou après votre démission lorsque ses conséquences sur vos allocations sont incertaines.

Il peut notamment :

  • analyser votre motif de départ : examiner les circonstances et les éléments susceptibles d’être pertinents pour apprécier votre situation ;
  • évaluer les conséquences sur vos allocations : identifier notamment le risque d’avertissement ou d’exclusion ;
  • vérifier vos documents : contrat de travail, courrier de démission, échanges avec l’employeur ou décision de l’ONEM ;
  • vous conseiller avant la démission : lorsque vous souhaitez mesurer les conséquences de votre départ avant de prendre une décision ;
  • examiner une décision de l’ONEM : vérifier son fondement et les possibilités de contestation ;
  • vous accompagner dans un recours lorsque les conditions sont réunies.

FAQ

Peut-on toucher le chômage après une démission en Belgique ?

Oui, dans certaines situations. Une démission est toutefois considérée en principe comme un abandon d’emploi. Sans motif légitime, l’ONEM peut prononcer un avertissement ou une exclusion de 4 à 52 semaines.

Une rupture de commun accord peut-elle entraîner une sanction ?

Oui. Une rupture du contrat de commun accord avec l’employeur est, en principe, considérée comme un abandon d’emploi. Les conséquences dépendent toutefois des circonstances concrètes et de l’appréciation de l’ONEM.

Combien de jours faut-il avoir travaillé pour avoir droit au chômage en 2026 ?

Pour les personnes relevant de la nouvelle réglementation, il faut en principe justifier 312 jours de travail et/ou assimilés au cours des 36 mois précédant la demande, quel que soit l’âge.

Combien de temps peut-on percevoir les allocations de chômage ?

Dans le nouveau régime, une première période de 12 mois peut être complétée par une deuxième période pouvant aller jusqu’à 12 mois selon le passé professionnel, soit 24 mois maximum en principe. Certaines catégories et situations transitoires relèvent toutefois de règles particulières.

Qu’est-ce que le droit au rebond ?

Le droit au rebond permet, sous conditions, à certains travailleurs exclus pour une durée déterminée après un abandon d’emploi postérieur au 28 février 2026 de remplacer cette exclusion par un droit aux allocations de 6 mois maximum, avec une prolongation possible une seule fois sous certaines conditions.

Avant de démissionner, il est donc utile de vérifier les conséquences concrètes de votre départ sur votre droit au chômage. Elles dépendent notamment du motif de la rupture, de votre situation professionnelle et des règles applicables au moment de votre demande.

POINTS CLÉS À RETENIR :

  • Une démission constitue en principe un abandon d’emploi pour l’ONEM.
  • Une démission sans motif légitime peut entraîner une exclusion de 4 à 52 semaines, voire une exclusion de durée indéterminée dans certaines situations.
  • Depuis le 1er mars 2026, les nouvelles admissions nécessitent en principe 312 jours de travail et/ou assimilés sur 36 mois, quel que soit l’âge.
  • Le droit aux allocations est en principe limité à 24 mois maximum dans le nouveau régime.
  • La deuxième période d’indemnisation donne lieu à une allocation forfaitaire.
  • Le droit au rebond peut permettre à certains travailleurs sanctionnés de percevoir temporairement des allocations.

Historique de l’article

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28/09/2026 - Mise à jour par l'équipe Justifit
19/11/2020 - Création de l’article par l'équipe Justifit
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