Divorce par consentement mutuel : risques et désaccords

Le divorce par consentement mutuel est susceptible de créer des conflits entre les époux en cas de désaccord sur certains points : résidence des enfants, partage des biens, etc. Ces problèmes compliquent l’établissement de la convention et retardent la séparation officielle. En cas de déséquilibre dans les décisions inscrites dans ce document, la partie lésée peut contester et en demander la modification. Un juge est également en mesure d’ordonner la comparution des époux pour résoudre ce type de situation. Pour éviter ces désagréments, faites appel à un avocat spécialisé en divorce en Belgique.

Divorce par consentement mutuel risques et désaccords

Quels sont les risques d’un divorce par consentement mutuel mal préparé ?

En Belgique, l’allongement de la procédure de divorce par consentement mutuel fait partie des risques les plus fréquents en cas de mauvaise préparation. En effet, les époux, même s’ils ont décidé de se séparer d’un commun accord, peuvent rencontrer des difficultés à s’accorder sur les modalités, telles que :

En l’absence de consentement de la part des deux époux, la convention ne peut être établie. Sans ce document, la transmission du dossier au tribunal est impossible, ce qui bloque la procédure.

En cas d’accord, mais comportant des décisions contraires à l’intérêt des enfants ou des modalités incomplètes, le procureur du Roi émet un avis défavorable à la convention. Dans ce cas, il exige sa révision par les époux avant de rendre un avis définitif.

Bon à savoir :

Aussi appelée convention préalable, la convention de divorce amiable est un document rédigé et négocié entre les époux avec l’assistance de leurs avocats. Son établissement intervient tôt dans la procédure :

Besoin d'un avocat ?

Justifit vous met en relation avec l’avocat qu’il vous faut, près de chez vous.

  1. Les époux négocient les termes du divorce.
  2. Une fois la convention préalable établie, une requête écrite est déposée au greffe du tribunal de la famille avec le document dûment signé ainsi que les pièces d’état civil.
  3. Les époux comparaissent devant le tribunal en cas de déséquilibre ou de décisions contraires à l’intérêts des enfants mineurs.
  4. Dans un délai de deux mois à compter du dépôt de la requête, le tribunal se prononce sur le divorce.

Que doit contenir la convention préalable de divorce ?

En Belgique, la convention préalable de divorce par consentement mutuel doit comprendre deux éléments indispensables :

  • Le règlement transactionnel :

Il concerne le partage des biens détenus par les époux : meubles, terrains, véhicules ou autres. Les parties concernées ont la possibilité d’établir un inventaire des biens avant toute décision, conformément à l’article 1287 du Code judiciaire belge.

  • La convention de droit familial :

Ce volet de la convention préalable englobe toutes les questions relatives à l’autorité, à la gestion des biens des enfants communs et à leur garde. Il comprend également, entre autres, la répartition des responsabilités liées à l’éducation, à la formation et à l’entretien des enfants, ainsi que la pension alimentaire, conformément à l’article 1288 du Code judiciaire belge.

À retenir :
L’inventaire des biens est une étape essentielle. Son absence ou une sous-évaluation peut constituer un vice du consentement.

Dans quels cas le juge peut-il refuser ou modifier la convention de divorce ?

L’article 1288 du Code judiciaire belge autorise le juge à modifier la convention de divorce en cas d’apparition de circonstances nouvelles dans la vie des époux, comme la perte d’un emploi. Par exemple, il peut décider de réduire le montant de la pension alimentaire en cas de licenciement, s’il l’estime justifié. Dans tous les cas, l’intérêt des enfants reste un critère déterminant dans sa décision.

Le procureur du Roi est également en mesure de refuser l’homologation d’une convention de divorce s’il constate que certaines mesures sont contraires à l’intérêt des enfants mineurs. Dans ce cas, il peut ordonner la comparution des époux devant le tribunal pour vérifier la validité des dispositions prévues. En Belgique, celle-ci se déroule dans le bureau du juge, qui entend chaque partie séparément en vue de s’assurer que l’intérêt des enfants mineurs a bien été pris en compte. Les époux doivent ensuite signer un procès-verbal contresigné par le juge et le greffier.

À retenir :
La convention de divorce par consentement mutuel ne peut plus être modifiée ultérieurement par le juge si cette possibilité a été explicitement exclue dans le document.

Quels litiges peuvent survenir après un divorce à l’amiable ?

Après un divorce à l’amiable, plusieurs litiges peuvent apparaître, à savoir :

  • La garde de l’enfant :

Un parent peut refuser de remettre l’enfant à l’autre à l’issue de son droit de garde, ou déménager sans prévenir, compliquant l’exercice du droit de visite. Ces situations constituent des sources fréquentes de conflit.

  • La pension alimentaire :

Un ex-époux peut refuser de verser la pension alimentaire prévue dans la convention préalable. À l’inverse, une modification de situation (comme un licenciement) peut entraîner une demande de révision du montant, ce qui risque de générer un désaccord.

  • Le partage des biens :

L’un des ex-époux peut refuser de vendre ou de céder un bien conformément aux termes de la convention. Ce type de situation se règle généralement par un rachat de part, une médiation ou, en dernier recours, une procédure judiciaire.

Bon à savoir :

En Belgique, le tribunal de la famille est compétent pour traiter les litiges post-divorce. Il existe plusieurs modes de saisine :

  • Requête conjointe :

Elle consiste en l’envoi d’une demande adressée au juge et signée par les deux parties.

  • Citation :

Il s’agit d’une procédure engagée unilatéralement par le biais d’un huissier de justice. Le juge convoquera ensuite l’autre partie pour une audience.

  • Requête contradictoire :

La requête est adressée au juge, qui convoquera l’autre partie après réception du document.

Peut-on contester ou modifier un divorce par consentement mutuel ?

L’article 1299 du Code judiciaire belge prévoit la possibilité de contester un divorce par consentement mutuel dans deux cas :

  • Non-respect des conditions de forme et de fond, notamment si les intérêts des enfants mineurs sont lésés ;
  • Réconciliation des époux après le prononcé du divorce.

Dans le premier cas, le procureur du Roi saisit le procureur général de la cour d’appel, qui informe ensuite les époux. Dans le second cas, ces derniers doivent introduire une demande conjointe devant la cour d’appel dans un délai d’un mois suivant le prononcé du jugement.

En Belgique, la modification de la convention de divorce reste possible pour certains éléments, comme le montant de la pension alimentaire en cas de changements de situation (maladie, perte d’emploi, etc.).

Cette révision intervient d’un commun accord ou devant le tribunal de la famille. Le juge statuera en tenant compte de l’intérêt des parties et, surtout, de celui des enfants mineurs.

À retenir :
La demande de modification d’une convention de divorce n’est pas recevable si la convention exclut cette possibilité. Les conventions établies avant le 1er septembre 2007 ne peuvent pas non plus être modifiées si elles ne le précisent pas clairement.

Dans quels cas faut-il absolument consulter un avocat ?

En Belgique, l’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire dans le cadre d’un divorce par consentement mutuel, mais elle est indispensable pour assurer la sécurité juridique de la procédure. En effet, ce professionnel est en mesure de :

  • Assurer l’insertion de toutes les modalités obligatoires dans la convention : ses connaissances lui permettent de vous indiquer les éventuels oublis qui pourraient retarder l’homologation de la convention de divorce par consentement mutuel.
  • Veiller à l’équité entre les époux lors de la procédure : votre avocat analysera tous les accords afin de garantir l’absence de déséquilibre entre les époux avant la rédaction de la convention de divorce par consentement mutuel.
  • Proposer un accompagnement en cas de convocation : votre avocat vous conseille et vous accompagne en cas de comparution ordonnée par le procureur du Roi après la réception de la convention préalable de divorce amiable.

Pour conclure, le divorce par consentement mutuel est une solution amiable, mais il peut engendrer des risques juridiques en cas de désaccord sur les modalités de la convention. Celle-ci peut même être refusée par le procureur du Roi si elle est incomplète. Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en divorce en Belgique pour obtenir des conseils, éviter ces risques et faciliter la résolution amiable de votre séparation.

CAS PRATIQUE FICTIF

Sophie et Julien, mariés depuis une douzaine d’années, ont décidé de se séparer définitivement. Souhaitant éviter les conflits, ils ont opté pour le divorce par consentement mutuel. Ils ont également fait appel à des avocats spécialisés qui les ont aidés à mieux préparer la procédure, notamment pour la garde des enfants, la pension alimentaire et le partage des biens.

Grâce à l’assistance de ce professionnel du droit, la rédaction de la convention préalable s’est déroulée sans encombre, avec comme modalités une garde alternée, une contribution alimentaire de 250 € et un partage équitable des biens. La convention a été déposée au tribunal de la famille et est en attente d’homologation. Les futurs ex-conjoints attendent avec impatience le verdict du tribunal.

FAQ

Le juge peut-il refuser un divorce par consentement mutuel en Belgique ?

Oui, le juge peut refuser d’homologuer une convention de divorce par consentement mutuel si les modalités sont contraires aux intérêts des enfants mineurs, entre autres.

Peut-on modifier une convention de divorce après le jugement ?

Oui, la convention de divorce peut être modifiée en cas de changement soudain des circonstances et si elle n’exclut pas cette possibilité.

Que faire si mon ex ne respecte pas la convention ?

Le dialogue est à privilégier, ainsi que la médiation familiale avant de tenter un recours judiciaire.

Quels sont les risques d’un divorce sans avocat ?

Un divorce sans avocat favorise la rédaction d’une convention comportant des accords déséquilibrés et l’allongement de la durée de la procédure, entre autres.

POINTS CLÉS À RETENIR :

  • Le divorce par consentement mutuel est possible uniquement pour les époux en parfait accord sur la séparation et ses conséquences.
  • Le divorce par consentement mutuel risque de s’éterniser s’il est mal préparé.
  • Des litiges peuvent apparaître après le divorce amiable en cas de non-application de la convention par les parties concernées.
  • L’assistance d’un avocat est conseillée pour sécuriser les étapes du divorce par consentement mutuel.

Articles Sources

  1. justice.belgium.be - https://justice.belgium.be/fr/themes_et_dossiers/personnes_et_familles/divorce/par_consentement_mutuel/procedure/recours
  2. actualitesdroitbelge.be - https://www.actualitesdroitbelge.be/legislation/code-civil/code-civil-et-code-judiciaire
  3. wonder.legal - https://www.wonder.legal/be-fr/modele/convention-prealable-divorce-consentement-mutuel

Historique de l’article

Notre équipe met régulièrement à jour les contenus de Justifit afin de garantir des informations claires, actuelles et utiles au plus grand nombre.

07/04/2026 - Mise à jour par l'équipe Justifit
11/08/2022 - Création de l’article par l'équipe Justifit
Voir plus >

Choisissez votre avocat

Cherchez l’avocat qui vous convient le mieux parmi 2000 avocats. Nous vous mettrons en relation.

Contacter un avocat

Être contacté par un avocat

Justifit vous met directement en relation avec l’avocat qui correspond le plus à votre besoin.

Être contacté

Avis des utilisateurs Justifit :

Avis Google Justifit
4,5
(208 avis)