Fausse déclaration : quelles sont les peines encourues ?

Vous êtes accusé d’avoir fait une fausse déclaration ? Quels sont les risques ? Une fausse déclaration consiste à fournir des informations inexactes ou incomplètes à une autorité, une assurance ou un organisme privé. Selon les circonstances, une fausse déclaration peut constituer une erreur administrative non intentionnelle ou une infraction pénale. La nature de la sanction dépend de la qualification retenue et du secteur concerné. Le cas échéant, il est nécessaire de faire appel à un avocat spécialisé en droit pénal pour vous représenter et assurer votre défense devant le juge.

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À RETENIR : Quelles sont les conséquences d’une fausse déclaration en Belgique ?

Une fausse déclaration peut avoir de lourdes conséquences pour l’auteur, l’administration ou l’organisation victime et les tierces personnes :

  • En plus du remboursement de la somme indue, l’auteur risque, selon la qualification retenue, une peine de niveau 3, soit un emprisonnement de plus de 3 ans à 5 ans au plus, avec une amende accessoire pouvant atteindre 10 000 euros, notamment en cas de faux, d’usage de faux ou d’escroquerie ;
  • L’administration ou l’organisation victime peut voir ses fonds diminuer ;
  • Les tiers peuvent être pénalisés par l’application de mesures de vérification plus strictes.

Les informations suivantes vous seront utiles pour comprendre la fausse déclaration et les risques pour l’auteur.

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Fausse déclaration : que dit la loi belge ?

La loi belge prévoit deux catégories de fausse déclaration :

  • L’omission non intentionnelle : ce type de fausse déclaration est considérée comme une faute administrative et ne donne pas lieu à des sanctions pénales ;
  • La fausse déclaration intentionnelle : si la volonté de tromper de l’auteur est établie, il peut être sanctionné par le droit pénal. De plus, si la fausse déclaration concerne un contrat d’assurance, l’intentionnalité de l’acte est susceptible de provoquer sa nullité.

Il existe plusieurs types de fausses déclarations. Ils sont regroupés par secteur :

  • Le faux en écriture : cette catégorie concerne principalement la modification d’un document protégé par la loi tel qu’un contrat ou une facture. Le faux en écriture peut prendre deux formes :

– Modification du document via l’utilisation d’une fausse signature ou l’effacement volontaire d’une information ;

– Utilisation d’un document non modifié, mais mentionnant une information fausse telle que la facture des travaux de maintenance non effectués.

  • Les fraudes sociales : ces infractions visent à percevoir une aide sociale injustifiée ou à éviter de payer une cotisation. Ci-dessous quelques exemples :

– Fournir une fausse domiciliation pour toucher le chômage ;

– Non-déclarer une rémunération pour ne pas payer les cotisations sociales.

  • Les fraudes fiscales : elles concernent les fausses déclarations au Service public fédéral (SPF) Finances :

– Non-déclaration de revenus ;

– Déclaration de charges fictives.

  • Les fausses déclarations à l’assurance : ce type de fausse déclaration peut concerner :

– L’omission d’une maladie grave lors de la souscription d’une assurance vie ;

– L’exagération des dégâts en cas de sinistre pour obtenir une indemnisation plus élevée.

Quelles sont les conséquences d’une fausse déclaration pour les parties concernées ?

Une fausse déclaration n’impacte pas seulement l’auteur. Elle porte aussi préjudice à l’administration ou l’organisation victime.

Les conséquences pour l’auteur

En cas de fausse déclaration, l’auteur s’expose à plusieurs sanctions :

  • Remboursement du montant perçu ainsi que le paiement des intérêts de retard et d’une amende administrative ;
  • Perte de certains droits tels que l’exclusion au chômage en cas de fraude sociale.

Les conséquences pour l’administration ou l’organisation victime

Cette infraction peut entraîner pour l’administration ou l’organisme victime :

  • Perte des fonds destinés à des bénéficiaires légitimes ;
  • Génération de coûts supplémentaires pour la mise en place d’un système de vérification de fraude.

Les conséquences pour les tiers

Une fausse déclaration impacte aussi les tierces personnes qui n’ont pas commis la fraude :

  • Augmentation des primes pour tous les assurés si l’assureur victime de plusieurs fausses déclarations ;
  • Renforcement des mesures de contrôle, ce qui peut retarder l’accès aux services pour tous les citoyens.
Bon à savoir :
Dans le cas d’une fausse déclaration liée à la domiciliation, les proches de l’auteur peuvent aussi être pénalisés par la réduction de l’allocation. De plus, s’ils sont complices de l’acte, ils risquent d’être tenus solidairement responsables du remboursement de la somme indue.

Que risque l’auteur d’une fausse déclaration ?

Les sanctions applicables à l’auteur d’une fausse déclaration dépendent principalement de l’administration ou de l’organisation victime.

À noter :
Pour les faits commis avant le 1er septembre 2026, les dispositions pénales en vigueur au moment des faits restent en principe applicables. Toutefois, si la loi pénale a changé depuis leur commission, le juge applique les dispositions les plus favorables à l’auteur conformément à l’article 2, alinéa 3, du Code pénal. Les amendes prononcées sur le fondement de l’ancien Code pénal restent soumises aux décimes additionnels applicables aux faits concernés.

Les sanctions pour fraude fiscale

En cas de fraude fiscale, l’auteur risque :

  • Remboursement du montant escroqué majoré d’une pénalisation qui peut varier de 10 % à plus de 200 % de l’impôt. Néanmoins, s’il est prouvé la faute résulte d’une erreur non intentionnelle, la sanction peut être annulée par l’administration ;
  • Depuis le 1er septembre 2026, les peines prévues par le Code des impôts sur les revenus 1992 doivent être lues au moyen de l’article 78 du Code pénal : la peine principale correspond à un niveau de peine, soit le niveau 3 lorsque le maximum applicable est un emprisonnement de plus de 3 ans à 5 ans. Les montants d’amende inscrits dans le Code des impôts sont multipliés par huit. Il faut donc se référer au montant converti et non au montant brut figurant dans le texte fiscal.
Bon à savoir :
En cas de soupçon de fraude fiscale, l’administration dispose d’un délai d’investigation de 10 ans.

Les sanctions pour fraude sociale

Depuis le 1er septembre 2026, les sanctions prévues par le Code pénal social sont réparties en quatre niveaux (article 101 du Code pénal social) :

  • Niveau 1 : une amende administrative de 80 à 800 euros ;
  • Niveau 2 : une amende pénale de 400 à 4 000 euros, une peine de travail ou une peine de probation ;
  • Niveau 3 : une amende pénale de 1 600 à 16 000 euros, une peine de travail ou une peine de probation ;
  • Niveau 4 : un emprisonnement de six mois à trois ans, une surveillance électronique, une peine de probation, une peine de travail ou une amende pénale de 4 800 à 56 000 euros, selon les conditions prévues par la loi.

La sanction applicable dépend de l’infraction sociale concernée :

  • Fraude au chômage : l’auteur doit rembourser la somme perçue. Il risque également une suspension de ses droits au chômage pendant 4 à 52 semaines, voire davantage en cas de récidive ;
  • Fraude à l’aide sociale : si l’infraction concerne une allocation sociale, l’auteur risque une suspension partielle ou totale du complément de revenus pendant 1 à 6 mois. En cas de récidive, cette suspension peut atteindre 24 mois.

Les sanctions pour fraude à l’assurance

Les compagnies d’assurance sont strictes concernant les déclarations frauduleuses. L’intéressé risque :

  • Un refus d’indemnisation et la résiliation du contrat d’assurance si l’intentionnalité de l’acte est prouvée ;
  • Un dédommagement partiel si la déclaration ou l’omission est non intentionnelle.
Bon à savoir :
Depuis le 1er septembre 2026, le faux en écritures ou sur d’autres supports durables et l’usage de faux sont punis d’une peine de niveau 3 (article 451 du Code pénal), soit un emprisonnement de plus de 3 ans à 5 ans au plus, assorti, le cas échéant, d’une amende accessoire de 200 à 10 000 euros. Le fait que le faux soit commis par une personne exerçant une fonction publique ou porte sur un document délivré par une autorité publique est un facteur aggravant dont le juge tient compte dans le choix de la peine, sans relever le niveau (article 452 du Code pénal).

Quelles sont les mesures préventives pour éviter les fausses déclarations ?

Quelques pratiques peuvent minimiser les risques d’une fausse déclaration et éviter d’être pénalisées par un organisme ou sanctionnées par la loi :

  • Vérifier les informations remplies dans une déclaration administrative ou lors de la souscription à une assurance.
  • Faire appel aux services d’un expert dans une situation complexe :
  • Consulter un expert-comptable lors de la déclaration fiscale ;
  • Contacter directement le SPF finance en cas de doute ;
  • Participer aux séances d’assistance gratuite organisées annuellement par cet organisme.
  • Répondre précisément à chaque question lors de la déclaration d’assurance.

Si vous constatez une erreur, il est conseillé de :

  • Modifier immédiatement la déclaration ;
  • Se rendre dans le bureau du service concerné afin de signaler l’erreur si elle a déjà été déposée auprès de l’administration.

Pourquoi faire appel à un avocat spécialisé en cas de fausse déclaration ?

Il est vivement recommandé de faire appel à un avocat spécialisé en cas de fausse déclaration pour éviter l’aggravation de la situation. Ce professionnel peut :

  • Analyser l’élément intentionnel : l’avocat vérifie si l’intention frauduleuse peut être établie et présente les arguments utiles à la défense de son client.
  • Définir la procédure de contestation : l’avocat étant un professionnel du droit, il est en mesure de vérifier le respect du règlement durant l’investigation menée par l’administration afin de déceler les vices de forme. De plus, il peut proposer la procédure de contestation adaptée à la situation de l’auteur.
  • Assister lors de la négociation : cet expert peut négocier avec l’administration pour obtenir un paiement échelonné ou avec le procureur du Roi afin d’obtenir une amende transactionnelle, évitant ainsi une procédure judiciaire longue, complexe et coûteuse.
  • Conseiller durant la procédure d’investigation : l’avocat prépare l’audition de son client avant la procédure d’investigation en anticipant les questions pouvant être posées par l’inspecteur.
À noter :
L’amende transactionnelle ou transaction pénale est une procédure permettant à une personne poursuivie en justice de payer une amende pour mettre un terme à la procédure.

Pour conclure, une fausse déclaration peut porter préjudice à l’administration ou l’organisme victime ainsi que les tierces personnes utilisant le service concerné. Les sanctions applicables à l’auteur de cet acte varient suivant la situation.

POINTS CLÉS À RETENIR :

  • La loi belge définit plusieurs types de fausses déclarations, dont le faux en écriture, la fraude fiscale, la fraude sociale et la fraude à l’assurance.
  • Elle impacte l’auteur qui peut être devoir rembourser la somme indue, mais aussi l’administration ou l’organisation victime ainsi que les tierces personnes qui peuvent être touchées par les procédures de vérification longues et complexes.
  • Selon la qualification et le secteur concernés, l’auteur d’une fausse déclaration peut devoir rembourser la somme indue et encourir une sanction administrative ou pénale.
  • Pour prévenir une fausse déclaration, il est recommandé de vérifier sa déclaration, faire appel à un expert si nécessaire et toujours fournir des informations exactes et précises.
  • En cas de fausse déclaration, un avocat spécialisé peut analyser la qualification juridique des faits, préparer la défense et, lorsque la procédure le permet, négocier une solution adaptée.

Articles Sources

  1. emploi.belgique.be - https://emploi.belgique.be/fr/propos-du-spf/signalements-de-fraude-sociale
  2. fin.belgium.be - https://fin.belgium.be/fr/particuliers/declaration-impot/avertissement-extrait-de-role/reclamation

Historique de l’article

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13/01/2026 - Création de l’article par L’équipe Justifit
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