Le rôle du tribunal de police dans les infractions routières en droit belge
En Belgique, le tribunal de police juge les infractions routières, comme les excès de vitesse, la conduite sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants et les délits de fuite. Selon la gravité des faits et les antécédents du conducteur, il peut notamment prononcer une amende pénale, une déchéance du droit de conduire, une peine de travail ou une peine d’emprisonnement. Le tribunal intervient aussi dans l’indemnisation des dommages causés par les accidents de la circulation. En cas de convocation, un avocat spécialisé en droit de roulage peut examiner le dossier, vérifier la régularité de la procédure et présenter les arguments utiles à la défense du conducteur.

À RETENIR: Quel est le rôle du tribunal de police dans la gestion des infractions routières ?
- Le tribunal de police est chargé de juger les infractions routières, telles que l’excès de vitesse ou la conduite en état d’ivresse.
- Il applique des sanctions adaptées en fonction de la gravité de l’infraction et des circonstances.
- Il permet aux conducteurs de contester les accusations et d’exercer leur droit à une défense.
- L’assistance d’un avocat spécialisé en droit de roulage peut influencer l’issue du jugement, en minimisant les sanctions
Ce texte explore le fonctionnement du tribunal de police, ses compétences et l’importance d’être bien accompagné juridiquement en cas de poursuites.
Qu’est-ce que le tribunal de police et quelles sont ses compétences ?
Le tribunal de police est une juridiction de première instance qui intervient en matière pénale et civile. Il est notamment compétent pour :
- Juger les infractions routières, comme les excès de vitesse, la conduite sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants et le délit de fuite ;
- Juger certaines infractions commises à l’occasion d’un accidents de la circulation , notamment les coups et blessures involontaires ;
- Statuer sur les demandes civiles relatives à la réparation des dommages résultant d’un accident de la circulation ou d’un accident ferroviaire, conformément à l’article 601 du Code judiciaire ;
- Prononcer les sanctions prévues par la législation routière, telles qu’une amende pénale ou une déchéance du droit de conduire.
La Belgique compte 15 tribunaux de police, dont certains sont organisés en plusieurs divisions territoriales. Le tribunal compétent est généralement celui du lieu où l’infraction ou l’accident s’est produit.
Quelles sont les infractions routières jugées par le tribunal de police ?
Le tribunal de police peut juger de nombreuses infractions routières. Certaines sont classées en quatre degrés selon le danger qu’elles représentent, conformément à la loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière et à l’arrêté royal du 30 septembre 2005 :
- Les infractions du premier degré regroupent les manquements qui ne sont pas classés dans un degré supérieur, comme certaines infractions relatives au stationnement ou à l’usage du clignotant ;
- Les infractions du deuxième degré créent indirectement un risque pour la sécurité, comme le non-port de la ceinture ou certaines violations des règles de priorité ;
- Les infractions du troisième degré mettent directement en danger la sécurité des personnes, comme le franchissement d’un feu rouge, le franchissement d’une ligne blanche continue ou l’utilisation au volant d’un appareil électronique mobile tenu ou manipulé en main ;
- Les infractions du quatrième degré créent directement un danger susceptible de provoquer des dommages graves, comme le fait de ne pas respecter certaines injonctions d’un agent qualifié, de s’engager sur un passage à niveau alors que les barrières sont fermées ou de circuler à contresens sur une autoroute.
Les excès de vitesse, la conduite sous l’influence de l’alcool ou de stupéfiants et le délit de fuite obéissent à des régimes particuliers. Ils ne doivent donc pas être assimilés automatiquement à des infractions du quatrième degré.
Comment se déroule la procédure devant le tribunal de police ?
Lorsqu’une infraction est constatée, la procédure judiciaire suit plusieurs étapes :
- Constatation de l’infraction : la police établit un procès-verbal qui est ensuite transmis au parquet.
- Proposition de transaction : pour certaines infractions mineures, une amende peut être payée sans passer devant le tribunal, conformément à l’article 216bis du Code d’instruction criminelle.
- Convocation à l’audience : en cas d’infraction plus grave ou contestée, une citation à comparaître est envoyée au contrevenant.
- Déroulement de l’audience :
– Le ministère public expose les faits reprochés et requiert l’application d’une peine ;
– Le prévenu, assisté ou non d’un avocat, peut présenter ses arguments, contester l’infraction et déposer les pièces utiles à sa défense ;
– Le tribunal rend ensuite son jugement en appliquant la législation routière et en tenant compte de la gravité des faits, des circonstances de l’infraction ainsi que des éventuels antécédents ou situations de récidive du conducteur.
Par exemple, la conduite en état d’ivresse ou sous l’influence de drogues, un excès de vitesse supérieur à 40 km/h ou encore le refus de se conformer aux injonctions d’un agent qualifié lors d’un contrôle peuvent être des éléments qui rendent l’infraction plus grave aux yeux du tribunal. De plus, la récidive ou la conduite alors que le permis a été suspendu sont également des circonstances qui peuvent entraîner des sanctions plus sévères.
Quelles sanctions peut prononcer le tribunal de police ?
Le tribunal de police peut prononcer différentes sanctions selon la nature et la gravité de l’infraction, les circonstances des faits et les éventuels antécédents du conducteur :
- Une amende pénale, dont le montant dépend de l’infraction commise ;
- Une déchéance temporaire ou définitive du droit de conduire, notamment dans les cas prévus par l’article 38 de la loi du 16 mars 1968 relative à la police de la circulation routière ;
- Une peine de travail, dans les conditions prévues par l’article 37quinquies du Code pénal ;
- Une peine d’emprisonnement lorsque la loi la prévoit, notamment pour certaines infractions graves ou en cas d’homicide involontaire résultant d’un accident de la circulation.
Le juge peut également subordonner la récupération du droit de conduire à la réussite d’examens théorique, pratique, médical ou psychologique. Dans certaines affaires liées à l’alcool, il peut imposer l’utilisation d’un éthylotest antidémarrage, conformément à l’article 37/1 de la loi du 16 mars 1968.
Il est possible de faire appel d’une décision rendue par le tribunal de police, mais cela doit respecter certaines conditions :
- En principe, l’appel doit être introduit dans les 30 jours suivant le prononcé d’un jugement contradictoire, conformément à l’article 203, § 1er, du Code d’instruction criminelle. En cas de jugement rendu par défaut, le point de départ du délai peut dépendre de sa signification.
- L’appel doit préciser les points du jugement contestés dans une requête contenant les griefs, conformément à l’article 204 du même code.
- L’affaire est ensuite réexaminée par le tribunal correctionnel, qui peut confirmer ou modifier la décision rendue par le tribunal de police.
- Lorsque seul le prévenu fait appel, sa peine ne peut en principe pas être aggravée. Elle peut toutefois l’être si le ministère public interjette également appel.
Dans ce processus, l’assistance d’un avocat est vivement conseillée. Une mauvaise défense peut avoir des conséquences importantes, et l’avocat saura plaider en faveur d’une sanction plus juste.
Quel est le rôle de l’avocat ?
Recourir à un avocat est particulièrement utile en cas d’infractions graves ou récidivantes, où les peines peuvent être lourdes. Un professionnel du droit pourra également conseiller sur la meilleure stratégie à adopter pour éviter des sanctions disproportionnées.
Ainsi, un avocat spécialisé en droit de roulage peut jouer un rôle clé dans la défense d’un conducteur poursuivi. Il peut notamment :
- Évaluer la régularité du procès-verbal : un vice de procédure peut entraîner une annulation.
- Contester l’infraction : une mauvaise signalisation ou un contrôle mal effectué peuvent constituer des arguments valables.
- Négocier une peine réduite : l’avocat peut plaider pour une sanction allégée, notamment en cas de première infraction.
Le tribunal de police est un acteur essentiel du système judiciaire belge en matière de sécurité routière. Grâce à son action, les infractions routières sont sanctionnées avec équité et rapidité, garantissant un meilleur respect du Code de la route.
FAQ
Dois-je obligatoirement me présenter à l’audience du tribunal de police ?
Vous pouvez généralement être représenté par un avocat. Toutefois, le tribunal peut ordonner votre comparution personnelle. Si vous ne vous présentez pas et n’êtes pas représenté, un jugement par défaut peut être rendu contre vous.
Puis-je consulter mon dossier avant l’audience ?
Oui. À partir de la citation et jusqu’au jour de l’audience, vous pouvez consulter votre dossier au greffe du tribunal. Vous pouvez également demander une copie, éventuellement contre paiement, afin de prendre connaissance des procès-verbaux et des autres éléments de preuve.
Puis-je demander le report de l’audience pour préparer ma défense ?
Vous pouvez demander une remise si vous avez besoin de temps pour consulter le dossier, réunir des documents ou contacter un avocat. Le report n’est toutefois pas automatique : le tribunal décide s’il accepte la demande.
Que faire si je n’ai pas les moyens de payer un avocat ?
Vous pouvez demander l’aide juridique de deuxième ligne auprès du bureau d’aide juridique compétent. Selon vos revenus et votre situation familiale, l’intervention d’un avocat peut être totalement ou partiellement gratuite.
POINTS CLÉS À RETENIR
- Le tribunal de police juge notamment les excès de vitesse, la conduite sous influence, les délits de fuite et les autres infractions routières.
- Il peut prononcer une amende pénale, une déchéance du droit de conduire, une peine de travail ou, lorsque la loi le prévoit, une peine d’emprisonnement.
- Selon l’infraction, le dossier peut donner lieu à une perception immédiate, une proposition de transaction, un ordre de paiement ou une comparution devant le tribunal.
- L’appel d’un jugement contradictoire doit, en principe, être introduit dans les 30 jours suivant son prononcé. L’affaire est alors réexaminée par le tribunal correctionnel.
Articles Sources
- ejustice.just.fgov.be - https://www.ejustice.just.fgov.be/img_l/pdf/2016/02/26/2016035312_F.pdf https://reglementation.just.fgov.be/
- ejustice.just.fgov.be - https://www.ejustice.just.fgov.be/eliwet/2018/07/19/2018040577/staatsblad https://adresses-judiciaires.just.fgov.be/
- code-de-la-route.be - https://www.code-de-la-route.be/fr
Historique de l’article
Notre équipe met régulièrement à jour les contenus de Justifit afin de garantir des informations claires, actuelles et utiles au plus grand nombre.
Besoin d’un avocat ?
Trouvez un avocat simplement et sans inscription sur la plateforme Justifit
Avocat Bruxelles
Avocat Bruxelles
Avocat Bruxelles
Avocat Liège
Avocat Mons
Avocat Bruxelles
Choisissez votre avocat
Cherchez l’avocat qui vous convient le mieux parmi 2000 avocats. Nous vous mettrons en relation.
Contacter un avocatAvis des utilisateurs Justifit :







